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Le cheval est le seul piédestal où l'on apprenne la modestie

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MessageSujet: Le cheval est le seul piédestal où l'on apprenne la modestie Jeu 6 Sep - 15:00


Article posté par ΩNarvath.
Paru le mercredi 19 janvier 2011 à 15:19
Vu 11 fois.
Note : (2 votes)

Le cheval est le seul piédestal où l'on apprenne la modestie



La première fois que je t'ai vu, j'ai voulu te posséder.
Que tu sois à moi.
Tu aurais été ma fierté.

Mais tu n'étais pas vraiment dressé... Ce n'était pas grave, tu étais si beau, tu pouvais faire des merveilles en concours. Si tu avais été moins sauvage, et plus entraîné.

En t'apercevant ce matin d'été, t'ébrouant fièrement dans ton pré, mon coeur a fait un bond. J'ai
demandé à ma mère d'arrêter la voiture, j'avais encore un peu de temps avant ma leçon. Nous en sommes descendues, éblouies... Il faut dire que tu avais fière allure.

Nous avons alors aperçu une pancarte à quelques mètres. Tu étais à vendre, et pour pas cher. Je voulais tellement un cheval ! J'ai supplié ma mère.


- S'il te plaît, pour mon anniversaire !

Finalement, elle a accepté. Cela faisait quelques années que je faisais de l'équitation, j'avais un bon niveau. J'avais même fait quelques concours avec mon club.

Accompagné de mon moniteur, afin d'être conseillées, nous sommes allés voir le vendeur. C'était une jeune femme, dans la trentaine peut-être. Oui, le cheval était en parfaite santé, oui, il était débourré, bien que très peu travaillé. Il était peu docile par contre, il fallait lui montrer immédiatement qui était le patron entre lui et le cavalier.

Nous sommes allés le voir dans son pré. Il y caracolait, mon cœur a raté un nouveau battement.



Oui, le cheval était en parfaite santé, oui, il donnait bien les pieds. En nous sentant venir, le cheval s'est tourné vers nous, oreilles dressées, naseaux dilatés. Puis, il a commencé à venir vers nous, accélérant petit à petit, oreilles plaquées sur son crâne.

Je connaissais suffisamment les chevaux pour savoir que celui-là se sentait menacé et n'aimait pas qu'on empiète sur son territoire.

La propriétaire lui a criée dessus et il s'est arrêté, se levant, ruant, essayant de nous intimider. La jeune femme n'en menait pas large, d'ailleurs aucun de nous, mais nous ne pouvions pas bouger, sinon il risquait encore davantage de nous charger.

L'étalon tenta de mordre. La propriétaire lui flanqua un coup sec de sa longe sur les naseaux et il
recula, effrayé. Puis il finit par reculer et s'éloigna en jetant ses sabots dans tous les sens.

La jeune femme, un peu essoufflée, s'était excusée. Il avait été un peu maltraité dans sa jeunesse, et il pouvait se montrer agressif. Mais il ne lui faisait jamais ça lorsqu'elle était seule, ah ça non ! Il suffisait qu'il apprenne à connaître les gens...
Mon moniteur marmonna, dubitatif. Les chevaux comme celui-là pouvaient être très dangereux, imprévisibles, même pour un homme de cheval chevronné. Mais j'étais persuadée que j'arriverais à
le contrôler, il suffisait qu'on se connaisse, lui et moi.

Mon moniteur refusa. Ma mère hésita. D'un côté, c'était mon anniversaire, et si je le sentais bien, que je pouvais le contrôler comme je l'affirmais...le moniteur insista. C'était non !

Ma mère ne l'aimait pas vraiment, elle ne l'avait pris que parce qu'il fallait l'avis d'un professionnel et que les autres moniteurs étaient occupés aujourd'hui.

Etait-il possible de le prendre en période d'essai pour quelques jours ?


- Non, répondit la jeune femme. Si vous le prenez, c'est maintenant et définitivement. C'est un magnifique étalon pur-sang arabe, vous n'en trouverez jamais d'autre à ce prix-là ! Et j'ai d'autres propositions... Donc prenez-le maintenant ou renoncez.

Je mourrais d'envie de l'avoir. Je suppliai ma mère, qui finit par céder. Je l'embrassai d'innombrables fois, heureuse, bondissant de joie, au grand dépit de mon moniteur. La jeune proprio eut l'air extrêmement soulagée. Je vis dans son regard de la peur... Mais, aveuglée par ma propre euphorie, je ne la compris pas. Et ne cherchais pas à la comprendre.

Il arriva quelques jours plus tard dans un van. On l'entendait cogner violemment contre les parois du camion. J'avais appelé toutes mes amies, vantant mon cheval, sa beauté ténébreuse, son caractère ombrageux, le magnifique couple que nous formerons, lui et moi.

En voyant les parois trembler, j'avais eu une nouvelle hésitation. Oui, une nouvelle. J'avais évidemment assuré à ma mère que je pouvais le contrôler, mais je sentais, au fond de mon cœur, que je n'y parviendrai pas. Pourtant, j'étouffai cette petite voix intérieure, têtue avec moi-même. Je ne voulais pas penser à l'idée que je ne pourrais pas le contrôler. Je le sentais dangereux. Mortellement.

Lorsqu'on ouvrit la porte du van et qu'on le fit descendre, il renversa son meneur, roulant des yeux. Il faillit l'écraser sous ses sabots, mais le palefrenier roula hors de sa portée. Il avait fallu une dizaine de personnes pour réussir à amener l'animal dans le pré, où il fonça comme un fou, ne s'arrêtant que de justesse à la barrière, pour repartir dans l'autre sens.


- Vous avez vu le cheval d'Emilie !
- C'est un cheval taré !
- Mais il est tellement beau !

J'entendais des commentaires de ce genre par-ci par-là. L'angoisse me serra le
cœur. Mais je voulais avoir l'air assurée, pas question que j'admette mon échec !
Echec ? Quel échec ?
Je ne l'avais même pas encore approché !

Quelques heures plus tard, alors qu'il était en nage et avait commencé à se calmer, j'étais allée le chercher. Il m'avait chargée. Après de multiples efforts et de l'aide extérieure, j'avais réussi à le seller.

Puis juchée sur son dos. Presque tout le club était venu voir comment moi, la grande cavalière, potentiellement championne, j'allais m'en tirer. Je leur adressai un sourire tremblotant.

J'avais les larmes aux yeux. J'avais peur.
Je le sentais, sous moi, s'agiter, oreilles plaquées, tirant sur les rênes, prenant le mors.
Je sentais le vent sur mon visage.
Je voyais les mottes de sable se soulever sous les sabots furieux de ma monture. J'avais mal au dos à force d'être tendue, espérant tenir. J'avais perdu un étrier.
Je ne sentais plus la bouche de mon cheval, il ne m'écoutait pas, me haïssait. Il était mauvais. Il cherchait à me faire du mal, à faire du mal à tous ceux qui l'approchaient.
Je sentais la selle tanguer sous moi, je perdais l'équilibre, m'accrochais avec désespoir à la crinière
de mon cheval. Je commençais à glisser sur son encolure... Ce que monténébreux cheval rectifia immédiatement, se cabrant, il me fit glisser vers sa croupe.
J'étais plus en arrière sur ma selle, elle aurait dû me faire mal aux fesses mais je ne la percevais pas.
Déjà il s'était élancé à fond de train dans toute la carrière, renversant quiconque osait se dresser sur sa route. Car quelques moniteurs, palefreniers et cavaliers avaient tentés de se porter à mon secours, essayant d'arrêter le démon noir.
Je me sentis glisser sur le côté... Mon cheval rua.
J'eus la fugace sensation de voler...
Je sentis la caresse rugueuse du sable.
Je vis du noir, et la lumière parut se refaire presque aussitôt.
Presque. Car ma beauté sauvage était déjà revenue vers moi.
Et abattit un sabot sur moi, puis un deuxième, achevant son œuvre.

Je ne sentais plus rien.

Ce cheval était méchant, mauvais, mais magnifique. D'un noir de jais, sa robe avait plus de reflets que sur une mosaïque.
Je n'en étais pas tombée amoureuse, mais il était tellement gracieux, vous ne comprenez pas ? Moi non plus. C'était absurde. Les chevaux comme lui sont envoyés en abattoir, moi je n'ai pas voulu, mais c'était stupide. Il m'a tuée et sera tué lui aussi.




Le cheval est le seul piédestal où l'on apprenne la modestie.
Ca dépend pour qui ! Regarde, moi, j'en suis morte.
Je n'ai pensé qu'au côté glorieux des chevaux.
Je n'ai même pas songé au côté émotionnel.
Il est trop tard pour l'apprendre.

_________________


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